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Croyants en liberté Sarthe |
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Repentance, un geste courageux et important, une Eglise humaine La repentance des évêques de France 30 septembre 1997 : sur le site du camp de transit de Drancy d'où partirent 63.300 juifs vers Auschwitz (dont seulement 2.245 revinrent vivants) pendant l'Occupation allemande, les évêques français demandent publiquement pardon pour le silence de leurs prédécesseurs face aux lois anti juives du gouvernement de Vichy. Extrait: "Aujourd’hui, nous confessons que ce silence fut une faute. Nous reconnaissons aussi que l’église en France a alors failli à sa mission d’éducatrice des consciences et qu’ainsi elle porte, avec le peuple chrétien, la responsabilité de n’avoir pas porté secours dès les premiers instants, quand la protestation et la protection étaient possibles et nécessaires, même si, par la suite, il y eut d’innombrables actes de courage." Geste très important et courageux même s'il intervient tardivement. Quand l'Eglise demande pardon, elle cesse d'être cette institution sacrée, infaillible, détentrice de la vérité. Elle devient humaine, abordable, une communauté de croyants avec ses forces et ses faiblesses. L'Evangile est alors plus crédible. Occasion pour nous également de faire mémoire des chrétiens qui refusèrent la collaboration et le silence: quelques rares évêques (Mgr Saliège de Toulouse, Mgr Théas de Montauban, ...), de nombreux responsables et fidèles protestants français, les résistants spirituels des Cahiers clandestins du Témoignage Chrétien fondés en 1941 ( à l'origine de l'hebdomadaire Témoignage Chrétien, toujours vivant), et beaucoup de catholiques anonymes qui surent refuser l'inacceptable antisémitisme, incompatible avec le christianisme. Jésus était juif. Les juifs sont les aînés des chrétiens dans la foi. La repentance du Vatican Ce texte des évêques de France est beaucoup plus précis et fort que celui que devait publier Le Vatican quelques mois plus tard, en mars 1998 et qui a beaucoup déçu, sous le titre "Nous nous souvenons - Une réflexion sur la Shoah". Lire l'article d'Henri Madelin sur ce texte romain, publié par le Monde diplomatique: la repentance contestée du vatican. "Nous regrettons profondément les erreurs et les défaillances des fils et filles de l'Église" dit le texte de Rome. Mais ainsi l'Eglise catholique et ses responsables au sommet (le pape Pie XII en particulier) sont quelque part épargnés par cette formulation ambiguë, alors que les évêques français de leur côté avaient clairement reconnu la responsabilité de leurs prédécesseurs. Le laborieux travail de recherche historique de l'Eglise catholique sur le passé de sa hiérarchie durant la seconde guerre mondiale Le Monde du 4 septembre 2001: L'échec de la commission d'historiens chargée d'examiner le rôle de l'Eglise pendant la Shoah tourne à la polémique judéo-catholique Le Monde du 26 octobre 2000: Des historiens juifs et catholiques pressent le Vatican d'ouvrir ses archives de la guerre soulignant huit zones d'ombre dans l'attitude du Saint Siège. Toujours à propos d'archives... Un article du Monde du 25 Août 2000: La CIA s'oppose à l'ouverture d'archives révélant le rôle des Etats Unis au Chili. Mars 2000 - Repentance et voyage du Pape en Palestine L’association Croyants en liberté approuve et partage la démarche de repentance du Pape Jean-Paul II pour les crimes et péchés passés de l’église catholique. Quelle que soient ses limites ou ambiguïtés, le geste est courageux et rien ne pourra plus être comme avant. De vrais progrès ont déjà eu lieu concernant le dialogue inter religieux et la reconnaissance des juifs comme les frères aînés des chrétiens. Les gestes symboliques et les paroles de réconciliation du Pape à Jérusalem interpellent les croyants de toutes les religions pour surmonter les tentations du repli identitaire, du fondamentalisme, ou de l’intégrisme, et pour travailler à la paix. A l’intérieur de l’Eglise catholique cependant, d’autres étapes restent à franchir : davantage de respect de la liberté de conscience, réhabilitation des théologiens interdits d’enseignement (Hans Küng, Léonardo Boff, Eugen Drewermann, …), évolution vers la parité hommes femmes, fonctionnement plus collégial et synodal, fin du soutien ou du silence passif du Vatican à l’égard des inquisiteurs des temps modernes qu’ont été par exemple les dictateurs « catholiques » Pinochet au Chili ou Vidéla en Argentine. Et l'article du Dominicain Claude Geffré: "La vérité ne peut jamais faire violence à la liberté de conscience". Dommage que de fortes contradictions subsistent à Rome comme ce projet de béatifier simultanément le 3 septembre 2000 le pape Pie IX (le Pape de Vatican I, de l'infaillibilité, de la condamnation de la modernité, du refus des autres religions) et Jean XXIII (le pape de Vatican II) proclamant la liberté religieuse et la valeur des religions non chrétiennes. Lire le communiqué du réseau Parvis: Une béatification inopportune. Un article du journal Ouest France en date du 19 décembre 2001: Hommage à un couple de Justes Une famille de Saint-Ouen en Belin honorée par le comité Yad Vashem Eric Landeau, un habitant de Saint-Ouen-en-Belin, a reçu dimanche la « Médaille des Justes parmi les nations » décernée à titre posthume par le Mémorial Yad Vashem de Jérusalem à Marie et Auguste Landeau, aujourd'hui décédés. Début
1942 en France : l'étau se resserre autour des juifs obligés de porter l'étoile
jaune. La situation est de plus en plus difficile pour eux, pour atteindre
l'insupportable le 16 juillet avec la rafle du Vel d'Hiv. Dès l'aube, ce jour-là,
les familles juives sont ramassées par la police française et emmenées au Vel
d'Hiv avant d'être déportées vers les camps de la mort. Retrouvailles C'est ainsi que Raymond et Bernard arrivent en Sarthe où ils prennent le nom de Cosset. A la gare d'Écommoy, Auguste vient les chercher avec sa carriole. Ils vont vivre chez lui et son épouse Marie pendant deux ans et demi, en compagnie de Maurice et Colette, le fils et la fille de la maison. La famille Landeau sera également le lieu où transiteront 80 autres enfants juifs pour être ensuite cachés dans d'autres familles. Auguste allait les accueillir à la gare. La guerre finie, les enfants rentrent à Paris. Chacun mène sa vie mais la mémoire n'oublie pas de tels épisodes. En 1981, Raymond revient à Saint-Ouen-en-Belin. Auguste est mort en 1970, mais Marie qui vivra jusqu'en 1989, Colette, Maurice et son épouse Thérèse dont le fils est Eric, sont là pour les retrouvailles. L'amitié entre les deux familles s'est installée et Raymond a vécu une intense émotion dimanche après-midi lorsque, au nom de ses grands-parents, Eric a reçu la « Médaille des Justes parmi les nations », remise par Jean-Claude Roos, président du comité français Yad Vashem. Cette cérémonie s'est déroulée en présence de Joseph Weismann, vice-président de la communauté israélite en Sarthe, de nombreux amis et membres de la famille qui ont été accueillis par le maire Olivier Pannier. Jeanine Anisten, épouse de Raymond, porte le drapeau de l'« Association nationale des enfants et petits-enfants des évadés et rescapés du Vel d'Hiv 16 juillet 1942 » dont son mari est fondateur. Bernard, décédé l'an dernier au mois de novembre, n'aura pas connu ce moment. Sur le mur du Yad Vashem Jean-Claude Ross a rappelé que, depuis sa création par le parlement israélien en 1953, le comité Yad Vashem a honoré 15 000 personnes en Europe dont 2 000 en France, un chiffre qu'il estime en dessous de ce qu'il devrait être. « Combien sont-ils, a-t-il déclaré, à rester dans l'ombre ? C'est pourquoi nous lançons un appel à ceux qui ont été ainsi accueillis dans des familles ». En donnant le récit de ce qu'avaient vécu Raymond et Bernard, il a aussi rappelé que « chaque histoire est différente et chaque histoire est merveilleuse ». Le président du comité venu déjà plusieurs fois en Sarthe pour de telles cérémonies, a insisté sur « la reconnaissance éternelle » des juifs méritée par ces Justes dont « le courage, la générosité et l'abnégation ont été plus forts que la peur ». Parmi les Justes dont les noms sont gravés sur le mur du Yad Vashem à Jérusalem figurera bientôt celui de la famille sarthoise Landeau. Étienne RIBAUCOUR. Ouest France 19/12/2001
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