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Croyants en liberté Sarthe |
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Septembre 2000. Notre expérience d'Internet Trois
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présence sur Internet - Enjeu d'une présence sur Internet - Première version du site de Croyants en liberté Sarthe (version monopage de septembre 1997) Trois ans de présence sur Internet : témoignage. Depuis septembre 1997, l’association Croyants en liberté Sarthe est présente sur Internet au travers d’un site Web, d’une adresse de messagerie, et d’une participation ponctuelle à quelques forums. Notre expérience L’idée d’une présence sur Internet n’était pas préméditée. C’est la possibilité offerte à tout abonné auprès d’un fournisseur d’accès à Internet de créer sa " page personnelle " qui a été utilisée par l’un d’entre nous au profit de l’association. Le contenu existait déjà largement puisqu’il nous a suffi de publier des articles rédigés pour notre petit bulletin local. Donc aucun travail de ressaisie, seulement un travail d’organisation et de mise en forme. Pour passer rapidement sur l’aspect technique, notre avis est que la publication sur Internet est aujourd’hui facile techniquement, peu coûteuse, et à la portée de toute association ou communauté dès lors qu’elle trouve parmi les siens un utilisateur un peu curieux et averti. A condition également de pratiquer une démarche progressive en commençant par un site très simple au niveau contenu et mise en page, qui pourra toujours s’enrichir par la suite. Notre site était à l'origine d’une conception très rustique : un seul document équivalent à une trentaine de pages A4, sans photos, ni animations graphiques, mais structuré en une quinzaine de chapitres et avec de nombreux liens " hypertextes " internes et vers d’autres sites. Il a été entièrement refondu et découpé en différentes pages autonomes avec menu et sous menus, autour de 3 grands points : Société, Evangile et Eglise, avec une rubrique Actualité très régulièrement mises à jour. Nous avons établi de nombreux liens vers d'autres sites Internet institutionnels ou indépendants, catholiques ou protestants, ou non confessionnels, témoignant d’une originalité, d’une ouverture ou d’une proximité avec notre démarche. Les liens sont souvent argumentés en quelques mots pour expliquer ce qui nous intéresse, et parfois nous gène aussi, dans le site vers lequel nous renvoyons. Ces liens nous évitent par ailleurs de redire chez nous ce qui est déjà très bien exprimé chez les autres. On accède à notre site en saisissant son adresse ou simplement le mot "croyants" ou d’autres mots clefs dans la plupart des moteurs de recherche. Nous sommes référencés dans plusieurs annuaires spécialisés dans le domaine religieux, et avons établi des renvois mutuels avec un certain nombre de sites amis. Le site officiel de la Conférence des Evêques de France refuse de nous lister dans ses liens ( nous avions modestement suggéré une petite place discrète entre l’Opus Dei et Partenia, qui y étaient alors référencés tous les deux...), mais le site de la CEF renvoie par exemple vers quelques sites qui eux nous référencent... Ainsi va le "réseau des réseaux", où de proche en proche, chacun est relié aux autres, parfois malgré lui. Il nous a d’ailleurs été répondu qu’avec Internet nous avions " déjà " la liberté d’expression et que l’on ne voyait pas ce que le référencement dans le site des évêques de France pourrait nous apporter de plus... Sans aucun support ou article promotionnel dans la presse écrite, par le simple jeu de notre inscription auprès des moteurs de recherche, des liens, de nos correspondances et de notre présence sur certains forums, nous recevons de 15 à 40 visites par jour sur la seule page d'accueil. Un petit flux de courrier régulier nous arrive avec des messages hostiles, critiques, amicaux, ou parfois enthousiastes. Ceux qui nous touchent le plus sont ceux qui disent en substance " nous ne savions pas qu’il existait des catholiques ou des chrétiens comme vous ". Quelques correspondants lointains on même souhaité adhérer à notre association, pour nous apporter leur soutien. C’est en effet un des enjeux d’Internet dans notre domaine: témoigner de la diversité des sensibilités et des spiritualités à l’intérieur du christianisme et en particulier du catholicisme. Egalement la possibilité pour une association comme la nôtre et plus généralement pour le courant catholique réformateur de sortir de sa marginalité. Quant au fond, nous essayons de trouver le ton juste entre une parole critique et une annonce positive de l’Evangile. Tout en conservant notre liberté d’expression, nous tendons aussi à relativiser la question de l’Eglise, importante, mais seconde par rapport à celle de l’Evangile et de la fraternité. Les plus d’Internet Sans ignorer les dérives ou les limites souvent évoquées (par exemple : informations bidon, sites pornographiques ou pédophiles en total libre accès, élitisme social du média ...), et même si la question principale restera toujours celle de la qualité du contenu, Internet présente des possibilités nouvelles très intéressantes : - Un outil très pratique pour la vie associative: messagerie entre responsables permettant de réduire le nombre de réunions, d’échanger très rapidement des textes, liens inter associations, vitrine de présentation ... - Une expression directe de foi, par des communautés, groupes de base, et même des individus. - Une possibilité de réagir instantanément aux événements, d’accéder aux documents sources en texte intégral, de vérifier l’information par recoupements, d’exprimer une protestation, d’organiser une réaction. - Une forte interactivité qui donne la parole immédiatement au lecteur par la messagerie et permet d’établir des contacts personnels. - Une impossible censure par les hiérarchies des Eglises. Internet pose surtout problème aux institutions très centralisées et non préparées à la pratique du débat et du pluralisme. - Une possibilité pour les minorités religieuses, si elles en ont le souhait, de sortir de leur isolement (exemple la découverte sur Internet de la petite Eglise catholique gallicane qui a refusé en 1870, comme les " Vieux catholiques ", le dogme de l’infaillibilité pontificale, dont les prêtres sont mariés et qui a des femmes diacres). - L’établissement de liens horizontaux dépassant les clivages confessionnels et de courants spirituels ou politiques habituels. - Et naturellement l’abolition de la distance qui permet, à la langue près, d’échanger aussi facilement avec le bout du monde qu’avec ses voisins immédiats. Que trouve-t-on sur l’Internet religieux ? Le défunt site " L’annuaire de la francophonie religieuse " recensait 400 sites francophones toutes religions, confessions et sensibilités confondues en septembre 1997. Il en comptait début 2000 plus de 3000. Cette croissance très rapide couvre naturellement une grande diversité de contenus et de sensibilités, et une qualité très hétérogène. Les sites fondamentalistes, intégriste ou de sectes, sont assez nombreux. Néanmoins quelques tendances se dégagent. - Les Eglises, diocèses, congrégations, mouvements, paroisses, y sont de plus en plus présents, au moins au travers d’une vitrine sommaire de présentation. Parmi ces sites institutionnels, rares sont ceux qui proposent un débat ou de vraies réflexions de fond. - Evangéliques protestants et charismatiques catholiques y sont très actifs et depuis les tout débuts, alors que les mouvements d’action catholique commencent seulement à y venir. - Catholiques critiques ou réformateurs y sont rares, alors que traditionalistes et intégristes sont bien présents. - Des sous-réseaux par affinités ou appartenance se développent avec des sortes de labels communs : " Parvis " pour notre réseau. - La presse chrétienne est encore peu présente (Réforme est une exception, avec un très bon site). Craignant peut-être de perdre des lecteurs (c’est une vraie question) et d’investir dans une activité non rentable, elle n’utilise cependant pas Internet comme une vitrine attractive pour se faire connaître ou comme le moyen de créer des services complémentaires. Son absence est très regrettable car sur Internet comme ailleurs, nous avons besoin d'intermédiaires (de "médias"), qui aident à s'y retrouver dans le maquis de l'Internet, et à informer de façon professionnelle. Dans une période où il faut travailler à des reformulations de la foi pour se faire comprendre de nos contemporains et dans une Eglise catholique où l’acceptation des différences et du débat est difficile, Internet ne peut pas être négligé et représente une opportunité réelle d’y exprimer un point de vue évangélique et critique. Et pour une association comme la nôtre qui se heurte largement au mur du silence dans l'église catholique, nous n'avons pas le choix des médias... JH Article publié dans le numéro 1 de la revue Parvis de mars 1999.
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