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Croyants en liberté Sarthe |
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Courrier des lecteurs 2005 - 2006 Favorables au débat, et ne prétendant à aucune infaillibilité, nous publions dans notre courrier des lecteurs, des points de vue divers réagissant à l'actualité ou à nos prises de position. Les points de vue publiés n'engagent que leurs auteurs. 22 mai 2006. De correspondants de la Guadeloupe élisant le "Catéchisme abrégé" de l'Eglise catholique, "livre le plus drôle de l'année" Merci infiniment pour ce site, précisément, pour la fraternité et l'intelligence qui l'inspirent avec tant de talent. J'aurais tant de choses à vous dire sur ce qu'il m'apporte, qu'il y faudrait l'équivalent d'un livre ! Dans l'immédiat, je me contenterai de vous adresser un grand merci et vous dire toute mon amitié. A 56 ans, il y a bien longtemps que "l'Eglise" me paraît sourde, aveugle, fossilisée, mécaniquement bavarde. Issu d'un milieu plutôt traditionnaliste et politiquement de droite, mais intérieurement en rupture de ban, je suis frappé aujourd'hui de constater le désarroi de beaucoup de mes proches : ils vivent, sans savoir réellement l'exprimer, une contradiction redoutable entre le besoin que la hiérarchie catholique leur délivre "la" vérité, une vérité qui les convainquent, et l'autisme de plus en plus affiché de cette même hiérarchie. Sur ce dernier point, le récent "Cathéchisme abrégé" constitue peut-être un sommet indépassable. Dernièrement, avec mon épouse et un ami, nous en avons fait une lecture à voix haute qui nous a fait tellement rire que nous l'avons élu livre le plus drôle de l'année. Le désarroi que j'évoque est probablement une ... bonne nouvelle : je pense sincèrement que la liberté va pouvoir y frayer peu à peu son chemin, et avec elle la gaieté, l'entrain, l'humour, l'amour de la vie, la vie elle-même ! 28 mai 2005. D'une correspondante de Marseille découvrant par hasard notre existence J'ai découvert votre site par hasard et quel bonheur de trouver des chrétiens ouverts, en prise avec les problèmes de société de leur époque.....quel dommage qu'un tel pape ait été élu, quelle image caricaturale l'église nous offre t-elle!!!!! Bravo je vous ai inscrit dans mes favoris et je vous encourage à continuer; j'ai en perspective de longs moments de réflexions grâce à vos articles; non l'église n'est pas figée : elle est en plein mutation faisons la évoluer. 27 mai 2005. D'un correspondant inquisiteur nous accusant de "vanité" Suite à la lecture dans la presse d'un article concernant l'ordination d'une femme prêtre en France, je me permets de vous écrire ce message pour vous poser quelques questions. Je ne vous demande pas d'y répondre publiquement mais plutôt intérieurement . Il y a quelques semaines, était diffusé à la télévision un film américain d'une grande qualité et à mon avis d'une grande justesse, "L'associé du Diable". A la fin de ce film, le diable incarné sous forme d'avocat, affirme que le pire des péchés est sûrement la vanité. Et je crois que vous êtes en train de succomber à ce péché. Voici les questions que je me permets de vous poser : Croyez vous réellement en Dieu ? Si oui, je souhaiterai alors savoir ce qui vous permets d'affirmer que vous détenez une vérité qui va à l'encontre des enseignements et de la tradition millénaire de l'église ? Je me permets de vous rappeler que ces enseignements ont été construits par des personnes reconnues comme saintes dont la vie témoigne d'un abandon totale à l'amour de Dieu . Dans l'évangile, on peut lire qu'il est plus difficile d'entrer au Paradis que de faire passer un Chameau dans le trou d'une aiguille. Croyez vous que l'église doive céder aux sirènes de la modernité (avortement, libéralisation des mœurs)? Si oui, croyez vous qu'il est juste de conduire des gens dont on est responsable sur un chemin, certes facile, dont on sait pertinemment qu'il conduit sur un ravin ? J'ai lu les commentaires de certains de vos lecteurs sur Jean Paul 2 et Benoît XVI, saviez vous que Jean Paul 2 commençait sa journée par au moins 3h de prière ? Nous avons récemment fêté la pentecôte, bien que je ne doute pas que vous ayez été baptisé dans la foi de l'église catholique romaine, êtes vous sur d'être toujours à l'écoute de l'Esprit Saint qui se révèle dans la prière et l'adoration du Saint Sacrement ? Le texte fondateur de la foi de l'église catholique est le credo, êtes vous sûr d'y adhérer ? Pour terminer, je ne crois pas être meilleur ou moins bon que vous. En revanche, je crois fermement que les personnes qui nous conduisent au sein de l'Eglise Catholique sont collégialement détentrice d'une vérité qui nous dépasse largement. Cette vérité leur est transmise grâce à l'Esprit Saint dans la prière. Je m'en remets donc entièrement à ces personnes dans un acte qui s'appelle la FOI. J'espère que vous aurez le courage de réfléchir à ces questions si possible à la lumière de la prière. N'oubliez pas de laisser Dieu vous parler, et le meilleur moyen de le faire est dans un lieu où il se manifeste, c'est à dire devant le Saint Sacrement. 16 mai 2005. D'un correspondant évoquant un "exil spirituel" L'élection du cardinal Ratzinger ne m'a pas étonné, je l'avais pressentie et prévue. La nouvelle ne manque pas cependant de m'accabler. Et comme je ne crois guère aux vertus de renouveau que pourrait avoir sur le cardinal, cette accession à la papauté, je recherche désormais cette église chrétienne qui voudra bien m'accueillir le temps d'un "exil spirituel". Mais ma pensée va aussi à tous ces prêtres et ces sœurs qui voient se fermer les portes de l'espoir, et je prie pour eux. Bien fraternellement 26 avril 2005. D'un correspondant se réjouissant paradoxalement de l'élection de Benoît XVI Bonjour, Je suis très heureux de l'élection de Benoît XVI. Pourquoi ? Parce que grâce à ce déni d'ouverture, ce refus d'écouter le Peuple de Dieu, cette volonté de rester dans le repli frileux, cette peur de laisser vivre et grandir la Tradition, j'ai retrouvé le désir de m'engager pour une Eglise qui soit Bonne Nouvelle pour tous les exclus de notre monde. A commencer par les exclus de l'Eglise. Encore merci à Benoît XVI pour sa belle et bonne campagne promotionnelle et à ses nombreux frères cardinaux réactionnaires. Comme l'a dit si souvent Jean-Paul II, ''n'ayons pas peur!'', car nous sommes aussi l'Eglise. 25 avril 2005. D'un correspondant homosexuel en communion avec le pape et nous reprochant notre "mauvaise foi" Je découvre avec tristesse votre site. Vous êtes très virulents dans la contestation et la condamnation (n'est-ce pas un grand manque d'amour et d'humilité?), mais pourriez-vous me dire en quoi vous êtes encore catholiques? Pour ma part, bien qu'homosexuel, et donc, à vous en croire, rejeté par l'Eglise, je ne me suis jamais senti en manque de compréhension ni de bonté en communion avec le Saint-Père. Je vous invite, ou plutôt je vous prie, en toute charité fraternelle, de cesser les a priori, et même les jugements, et à écouter avant de condamner. S.S. Benoît XVI, pour ce que j'ai pu L'entendre, n'a fait qu'ouvrir les bras et le cœur à l'humanité tout entière. Prions tous ensemble pour qu'Il ait la force de porter Son ministère écrasant, et sache conduire Son Eglise, oui, Son Eglise, pas celle d'un autre, ni d'autres, vers la gloire du Père. La mauvaise foi est plus triste que stérile. Je prie aussi pour vous, et vous souhaite la joie de l'humilité. 24 avril 2005. Réaction d'un correspondant à l'écoute de l'homélie du pape Benoît XVI le jour de sa messe inaugurale Extrait de son homélie: "En ce moment, je n’ai pas besoin de présenter un programme de gouvernement. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer, dans mon message du mercredi 20 avril, certains aspects de ce que je considère comme de ma charge ; je ne manquerai pas de le faire en d’autres circonstances. Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide l’Église en cette heure de notre histoire." Message à la fois fermé : "j'ai déjà dit ce que je ferai" ( et ce n'est pas forcément encourageant ...) et ouvert : "ma mission dépasse mes propres idées "... Encore une fois : Benoît XVI peut il nous surprendre? 21 avril 2005. Deuxième réaction au point de vue précédent sur l'élection de Ratzinger (voir deux messages plus bas) Personnellement, je ne suis pas vraiment étonné .... même si j'espérais sans vraiment trop y croire un pape non européen. Mais l'élection de Ratzinger me semble tout à fait cohérente 1) dans la mesure où la quasi totalité des cardinaux avaient été nommés par Jean-Paul II 2) la majeure partie des catholiques sont finalement attachés à une Eglise qu'ont déjà quittée les plus contestataires. D'ailleurs le fonds du problème, c'est la légitimité de la fonction papale. A partir du moment où on l'accepte, il est difficile d'imaginer des changements en profondeur. Ratzinger : un pape de transition, précise notre ami (voir message suivant) comme bien des commentateurs, mais il ajoute : une étape nécessaire avant un pape réformateur. Eh bien non, je ne suis pas d'accord. Les dernières années du pontificat de Jean-Paul II ont déjà été bien trop longues. Cela suffit. On a assez attendu. On a besoin de paroles fortes comme celles courageuses de Patrice Gourrier lors de sa messe de dimanche dernier à Poitiers (voir le site de Parvis). Je crains malheureusement que son initiative ne reste isolée. Sauf si des laïques ont le courage de se lever dans les Eglises, au cours des messes, après l'homélie, pour interpeller les prêtres et évêques ou de manifester devant les églises ou les évêchés leur désaveu du nouveau pape. Et puis n'hésitons plus à pratiquer la double appartenance à l'Eglise romaine et à d'autres Eglises (protestantes, vieilles catholiques ou communautés de base). Fraternellement. 21 avril. 1ère réaction au point de vue précédent (voir en dessous) à propose de l'élection de Ratzinger De toutes façons, ce qui se passe au niveau de la "primauté de Pierre" (qu'il faudrait bien définir aujourd'hui dans le contexte du dialogue inter-religieux !) ne doit pas nous faire oublier ce qui se passe à notre niveau, dans ce qui est sans renommée et sans beaucoup de pouvoir.. De bons analystes ont précisé les chantiers que le nouveau pape devait ouvrir, ou réouvrir, ou réanimer... Mon souci : comment moi ,dois-je - et comment nous devons-nous et pouvons-nous nous y impliquer, concrètement ? Nous aurons l'occasion d'en reparler à Croyants en liberté. Bien cordialement. 20 avril 2005. D'un ami de notre association de demandant si le passage par un pontificat de transition Ratzinger n'est pas une étape nécessaire avant que l'Eglise catholique ne s'engage résolument dans la réforme Bonjour à tous! C'est peu dire que l'élection du cardinal Ratzinger ne provoque pas chez moi un enthousiasme spontané et débordant ... Cela étant dit, ce choix du conclave est au fond assez cohérent. En l'absence probable d'un consensus des « progressistes » autour d'une personnalité suffisamment forte, une majorité confortable s'est dégagée sur un successeur assurant la continuité doctrinale et par ailleurs sur un homme doté d'une autorité affirmée. C'est donc probablement un pontificat de transition qui s'ouvre (ne serait ce qu'en raison de l'âge du nouveau pape : 78 ans ). Mais une transition fortement marquée par l'autorité et le dogmatisme. Benoît XVI peut - il néanmoins réserver des surprises ? Pourrait - il incarner le principe d'un paradoxe fécond : « seul un conservateur pourrait réformer » ( comme seuls les progressistes seraient audibles quand ils évoquent les traditions nécessaires ... ) ? Ce serait une expérience passionnante . Mais ne rêvons pas : Benoît XVI ne sera sans doute pas un nouveau Jean XXIII ! Toutefois ce nouveau pontificat est peut être une étape nécessaire avant que l'Eglise ne s'engage résolument dans la réforme. Ce serait ainsi le temps de la réaffirmation des «fondamentaux» dogmatiques avant un éventuel retour lors d'un prochain pontificat, au coeur de l'essentiel de la Foi, qu'il s'agisse du message du Christ, de l'expression de la croyance, de l'organisation de l'Eglise et du message de celle - ci au « monde ». Benoît XVI serait ainsi le pape qui dirait « ayez confiance en vous et en votre identité » après que Jean - Paul II ait dit « n'ayez pas peur » et avant que le successeur du nouveau pape , ne dise « ouvrez vos coeurs » ! Il reste à lever une ambiguïté et à ne pas confondre « progressisme » et « modernisme ». Je n'attend pas d'un pape qu'il soit « moderne » car ce terme recouvre des idées et des réalités très diverses. Tout ce qui est moderne ne va pas nécessairement dans le sens du progrès que ce soit dans le monde ou dans l'Eglise. Cela me semble assez évident pour ne pas être développé. Aux « progressistes » qui veulent que l'Eglise aille vers le monde avec le message du Christ dans toute sa simplicité et sa pureté de définir ce que pourrait être demain une Eglise qui allie l'affirmation de son identité et l'ouverture à l'humain. 19 avril 2005. D'un jeune correspondant et ami de Paris réagissant à l'élection comme pape de Joseph Ratzinger Un choc le mot est faible !!!!!!! Je suis effondré j'en pleure de rage et d'impuissance c'est un cataclysme. Il sera toujours pour moi le cardinal Ratzinger jamais mon pape JAMAIS au grand jamais. Je ne peux servir l'Evangile et R.......... vous ne pouvez servir deux maîtres a dit Jésus. Il faut faire quelque chose .Quoi?????????? Je ne sais pas mais je n'ai plus de pape. L'élection de Ratzinger est peut-être le signe que le Seigneur est prêt au schisme. Cela peut accélérer la crise. Le même quelques jours plus tard: C'était une réaction à chaud je suis heureux qu'elle fasse réagir . Jésus quand il renverse les tables des changeurs cite l'ancien testament " le zèle de ma maison me dévore" et se l'applique à lui-même . Parfois je me reconnais dans cette souffrance ce déchirement. Parfois je m'étonne même que cela me touche autant. Je le dis souvent au seigneur: j'étais plus en paix vis de ton Eglise quand j'étais athée. Ce que j'ai été longtemps. L'esprit saint ? Il a été bien aidé par Jean-Paul II qui en nommant Ratzinger doyen du sacré collège savait ce qu'il faisait . Les cardinaux n'ont autant qu'on puisse en juger pas sérieusement envisagé un autre cardinal ce qui fait question : à quoi a servi le conclave si un seul s'impose à tous ? Ratzinger peut-être un nouveau Jean XXIII qui fera Vatican III, je le souhaite et je l'espère. Jean XXIII n'avait pas soulevé l'enthousiasme lors de son élection à 77ans, l'âge de Ratzinger . Je reconnais que c'est possible. Le poids du Pape est un fait. C'est pour cela que le coup de génie de Jean XXIII fût de s'effacer de laisser le concile travailler. j'espère que le nouveau pape suivra cette voie. Je ne souhaite pas un schisme. Je ne l'exclus pas . C'est très différent. l'Evangile est radical. Par fidélité à ce que je comprends de l'Evangile je n'exclus par avance la séparation . Dans les actes Pierre dit aux autorités religieuses qu 'il obéira d'abord à Dieu quitte à désobéir. Je suis heureux que les chrétiens soient divers , catholiques, protestants, orthodoxes, vieux catholiques. Si le monde ne comptait que des catholiques quelle tristesse!!!!! il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père. Je crois c'est important de montrer qu'au nom de notre écoute de l'Evangile nous sommes prêts à rompre avec l'Eglise pour suivre Jésus. Mon curé entendait mes doutes vis à vis de Ratzinger et me disait "l'Eglise est notre mère" . J'ai répondu je suis bien d'accord mais en Genèse il est écrit " l'homme quittera son père et sa mère"......... ou la parole de Saint Paul : "malheur à moi si je n'annonce pas l'Evangile". Les premiers chrétiens ont rompu avec la synagogue au nom de leur foi au Christ. Ils ont assumé mais aussi dépassé le premier testament. J'espère que le schisme ne sera pas nécessaire. Je l'espère de tout coeur. Peut-être faudra-t-il mettre le vin nouveau dans des outres neuves? Qui sait?? Je suis impatient parce que je suis mortel . J'ai le vif désir (comme dirait Jésus) de vivre un temps de renouveau de l'Eglise . Quel pape a eu l'humilité hallucinante de dire que l'Eglise avait besoin d'une nouvelle pentecôte ? Jean XXIII !!!! J'ai demandé au Seigneur la grâce de vivre un nouveau concile. j'espère qu'il me fera vivre jusqu'à là . 12 avril 2005. D'un ami de notre association évoquant le souvenir de la première visite de Jean-Paul II en France en 1980 Pour moi, le pontificat de Jean-Paul II restera marqué d'une empreinte de restauration catholique identitaire, et de reprise en main d'une Eglise qui avait commencé à s'ouvrir avec le Concile Vatican II. Une anecdote m'a particulièrement marqué. C'était au parc de princes, en 1980, lors de la première visite de Jean-Paul II en France. Une soirée devant un stade rempli de jeunes, retransmise à la télévision. Avec un jeu de questions des jeunes et de réponses du pape. Une jeune fille osa (il fallait effectivement du courage), poser au pape une question avec un soupçon de critique sur l'Eglise, quoique de manière fort respectueuse. Or sa question déclencha immédiatement un long concert de sifflements et de huées. Cette image et le bruit de cette foule hostile sont restés gravés dans ma mémoire, comme un mauvais présage d'unanimisme, de refus des différences et du débat, de politique de l'autruche devant les difficultés du monde et de l'Eglise, de sectarisme, d'infantilisation. Rares ont été ensuite de telles occasions pour le pape et ses groupies d'entendre ainsi en public une voix un tant soit peu critique. Une religieuse américaine, je crois, défraya quelques années plus tard la chronique dans un discours féministe prononcé devant le pape lui même en public. Grâce lui soit rendue! Si certains de vos lecteurs savaient retrouver les propos de ces deux femmes, merci à eux de vous le envoyer. Mon espoir pour l'après Jean-Paul II: que la parole se libère enfin dans cette Eglise de la peur du débat et de la différence. Que diminue enfin la langue de bois, au profit de paroles libres et adultes. 8 Avril 2005. D'un ami du réseau Parvis exaspéré par la papôlatrie à l'occasion de la mort de Jean-Paul II Trop, c'est trop ! C'est la remarque entendue de nombreuses fois à propos du véritable matraquage médiatique sur l'agonie puis la mort de Jean-Paul II. Ce n'est pas tant la personne du pape disparu qui est en cause, mais la mise en scène d'un culte de la personnalité qui est non seulement tout à fait opposée aux valeurs les plus fondamentales de l'Evangile et du Christianisme, mais contribue à tourner en dérision ces valeurs aux yeux d'un très grand nombre de femmes et hommes de toutes origines et de toutes sensibilités. Il n'est pas possible de formuler à ce sujet une position unique du Réseau de Parvis tant les associations et groupes qui le composent sont divers ainsi d'ailleurs que les adhérents individuels à l'intérieur de chacun de ces groupes. On peut dire cependant que, dans une grande diversité de sensibilités, la quasi-totalité de ces adhérents tiennent profondément à leur héritage chrétien et n'acceptent pas que leur foi et le christianisme qu'ils revendiquent soient mis en spectacle par les média dans des pratiques que l'on peut trop facilement interpréter comme idolâtriques ou superstitieuses. Cela repose la question d'une remise en cause en profondeur des caractéristiques de la fonction du pape et de l'institution d'autorité qui en dépend, voire de leur existence même. Les réseaux du Parvis ont plus que jamais la volonté de continuer à rechercher, dans la liberté vis à vis de toute autorité institutionnelle, et dans le respect de la diversité, les moyens de vivre et exprimer leur foi et leurs convictions en fidélité à ce qu'ils ont reçu et ainsi de contribuer à proposer d'autres visages du Christianisme. 5 avril 2005. D'une amie d'Evreux sans frontières, interviewée par Radio Nostalgie J’éprouve de la tristesse devant le battage médiatique de ces derniers jours autour de la mort du pape. Trop c’est trop. Tristesse aussi de constater combien on a oublié en France la laïcité. Cette laïcité que tant d’autres pays nous envient, ne la bradons pas. Je suis triste car ce trop long pontificat de Jean Paul II n’a pas permis, à l’intérieur de l’Eglise Catholique, la continuation des belles avancées du Concile Vatican II. Nous avons assisté à un verrouillage de toutes les portes qui s’étaient ouvertes ou entrouvertes alors. Ce pontificat a tourné le dos aux valeurs de la modernité, comme si l’Eglise était là d’abord pour préserver la tradition. Mes amis d’Evreux sans Frontières et de Parvis osent espérer que le nouveau pape ouvrira les dossiers fermés par son prédécesseur et que l’institution Eglise saura faire sa mue, qu’elle acceptera de mourir à ses fastes, à son culte de la personnalité, à son centralisme, à ses normes désuètes imposées à tous et partout, pour renaître autrement. Nous ne saurions faire de pronostics quant au prochain pape. Si nous considérons la composition du collège des cardinaux qui vont l’élire, nous n’avons pas lieu d’être optimistes. A moins que ne se reproduise, qui sait… … la surprise que fit Jean XXIII, ce trop vieux pape, jugé de transition, qui offrit à l’Eglise et au Monde le concile Vatican II dont je parlais tout à l’heure. Je voudrais terminer par une petite histoire où il est question justement d’offrir, d’offrir un cadeau. Le message de l’évangile est un magnifique cadeau qui change la vie de ceux qui en sont porteurs. Or ce cadeau a été au cours des âges, enveloppé dans de multiples emballages, accumulés par des générations et des générations, si bien que le paquet en est venu à prendre plus de place que le cadeau lui même. Beaucoup chez nous se sont détournés du cadeau et cherchent ailleurs un sens à leur vie. D’autres s’accrochent au paquet très catholique qu’ils jugent inséparable du cadeau lui même. D’autres encore disent qu’il faut se débarrasser de l’emballage inutile et ne considérer que le cadeau. Sans oublier tous ceux dont les trésors cachés ont quelque chose à voir avec ce cadeau là. 3 avril 2005. D'un correspondant en consonance avec notre manière de parler de la "pâque" de Jean-Paul II Je vous remercie pour votre éditorial plein de respect mais aussi de lucidité sur le "passage" de Jean-Paul II sur cette terre et au Vatican. Divorcé remarié, ancien élu de gauche après avoir été engagé dans la démarche de Vatican 2, je ne me sens plus concerné depuis longtemps par cette Eglise; j'attends avec une certaine anxiété l'élection du successeur. En attendant je reste plus proche de votre famille que de celle du Vatican. Bien cordialement Archives Courrier des lecteurs 2003 - 2004 |
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