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Rencontre avec Gabriel Ringlet

Compte rendu de la conférence du 18 novembre 2000 organisée à Tours par nos amis de Parole en Liberté. Ce texte n'est pas la retranscription littérale de la conférence mais une synthèse détaillée.

Gabriel Ringlet est prêtre, poète et théologien. Professeur de journalisme et d'ethnologie de la presse à l'Université catholique de Louvain (Belgique), en même temps que vice-recteur de cette institution. Il a acquis une notoriété internationale en publiant en 1998: "L'évangile d'un libre penseur. Dieu serait-il laïque?". 

A Noël 1933, Teilhard de Chardin, devant l'échéance prochaine de 2000 ans de Christianisme, dit « à force de répéter abstraitement l'expression de nos dogmes, nous sommes en train de nous perdre dans des nuages où ne pénètrent plus ni les bruits ni les aspirations de la terre ... après vingt siècles, il nous faut religieusement faire peau neuve. Pour continuer à vivre, il faut muer. » Muer de la mue imaginale d'où sort le papillon, muer sa tête comme le cerf qui perd ses bois.

1 – Que se passe-t-il dans notre société ?

Sur le plan scientifique : l'éclatement de la communication où le message. est en train de changer de nature en fonction des avancées techniques ; l'explosion de la génétique marquée par la possibilité de clonage humain, qu'il ne faut pas diaboliser, mais derrière laquelle il faut poser des questions difficiles, complexes, comme pour les problèmes d'avortement, d'euthanasie : qu'est ce qu'un homme ? qu'est ce que naître, mourir ?

Sur le plan géopolitique: que va-t-il se passer en Afrique, en Asie? Va-t-on voir l'émergence de nouveaux pays? A quelle redistribution des forces allons-nous assister en Europe ? 

Au point de vue économique: alors que dans nos pays depuis dix ans nous produisons trois fois plus avec 30% de force de travail en moins - certains le savent douloureusement -, qu'en est-il de l'équilibre de la société ?

Dans le domaine des religions, croissent en même temps l'agnosticisme et la multireligiosité, on remplit son caddie d'un peu de différents produits, de préférence des produits blancs.

Nos sociétés sont totalement émancipées par rapport aux institutions religieuses - je pense que les institutions religieuses n'ont rien à dire dans la conduite du monde contemporain, mais elles n'en ont pas encore conscience-; émancipés, nos contemporains sont en même temps gouvernés par l'incertitude; on voit tel grand banquier se rendre chez une diseuse de bonne aventure avant de prendre une décision dont va dépendre l'avenir de tout un pays, ce qui fait dire à Danièle Hervieu-Léger: « la figure du pèlerin est en train de remplacer la figure du pratiquant » ; le pratiquant, habitué à un environnement stable, local, le pèlerin qui voyage intérieurement d'une conviction à l'autre.

Ce n'est pas un regard pessimiste. " Pourquoi se méfier du monde ?  écrivait le poète Rainer-Maria Rilke. S'il est en lui des effrois, ce sont nos effrois, s'il est en lui des abîmes, ces abîmes nous appartiennent; des dangers se trouvent-ils là ? Nous devons essayer de les aimer." 

Nous sommes en train de quitter le siècle des génocides ; le XXIème siècle sera-t-il le siècle de l'esprit ? Regardons des tournants formidables du passé : VI ème siècle avant Jésus-Christ: Bouddha, Confucius, Pythagore, la philosophie, l'invention de la démocratie, la synagogue ; 1er siècle : Jésus; XI-XII èmes siècles: en Andalousie la coexistence pacifique entre musulmans, juifs, chrétiens, païens, XVI ème siècle : Erasme, Thomas More, Luther; XVIII ème siècle : les Lumières, la raison, la tolérance, fondamentales pour l'avenir citoyen... Alors pourquoi pas demain, un grand siècle de la conscience et de la connaissance, un grand siècle de l'exigence intérieure ? Oui, à une condition qui dépend de nous aujourd'hui : que nous entendions la douleur du monde, que nous retrouvions l'humanité de l'homme.

Quelle vie vaut encore la peine d'être vécue, questionnent de nombreux jeunes ?

Dans ce monde en mutation, deux enjeux que je formule sous forme de questions :

Quelle place sera reconnue à la vulnérabilité, à la fragilité ?

La science, l'économie seront-elles vraiment mises au service de tous ? Sinon, je suis convaincu que les sectes,  les intégrismes auront encore un très bel avenir. La capacité à accueillir la vulnérabilité, la fragilité déterminera l'avenir démocratique de notre planète.  

Quelle place sera reconnue à la parole singulière ?

Comment chacun découvrira-t-il sa terre promise ? Je pose cette question aux institutions politiques et aux institutions religieuses. Comment le permettront-elles ?

Face à cette double question de la vulnérabilité et de l'autonomie, que peut encore apporter l'Evangile? Le christianisme, comme cela a été quelquefois le cas dans le passé, sera-t-il encore capable de faire chanter le monde. Les chrétiens, au cœur du christianisme, seront-ils capables de le revisiter ?

2 – L’originalité chrétienne 

Commençons par un détour en 1550 : Jules III vient d'être élu Pape ; des cardinaux lui donnent quelques conseils:

 « La lecture de l’Evangile, très saint Père, ne doit être permise que le moins possible, surtout en langue moderne et dans les pays soumis à votre autorité. Le très peu qui en est lu généralement à la messe devrait suffire et on devrait défendre à quiconque d'en lire plus. Tant que le peuple se contentera de ce peu, vos intérêts prospéreront, mais dès l'instant qu'on voudra en lire plus, vos intérêts commenceront à en souffrir, car voilà le livre qui, plus qu'aucun autre, provoquera contre nous les rébellions, les tempêtes qui ont risqué de nous perdre. En effet, très Saint Père, quiconque examine diligemment l'enseignement de la Bible et le compare à ce qui se passe dans nos églises, verra bien vite les contradictions et verra que nos enseignements s'écartent souvent de la Bible et plus encore s'opposent à celle-ci. Si le peuple se rend compte, il nous provoquera jusqu'à ce que tout soit révélé et nous deviendrons alors l'objet de la dérision et de la haine universelles. Il est donc nécessaire, très Saint Père, que la Bible soit enlevée et dérobée des mains du peuple, avec zèle toutefois et sans provoquer de tumulte. » (1)

Ne trouvez-vous pas qu'on a un peu progressé !

1550, peu de temps après la mort de Thomas More, d'Erasme, de Luther, ces trois grands témoins qui avaient oeuvré pour que l'évangile soit dans les mains du peuple.

Nous sommes en 2001. Qu'est-ce que l'Evangile offre d'audacieux, d'original à nos contemporains ?

Ce que l'Evangile apporte de vital à notre société, c'est d'abord un regard original sur Dieu. Que dit Jésus? Quelque chose de très simple : Dieu vient dresser sa tente chez nous. Plus besoin de regarder vers le ciel, le Très-haut s'est fait le Très-bas, le Tout-puissant s'est fait le Tout-prévenant. Le juif Jésus - qui n'a jamais été chrétien - a mené ce combat d'ouverture dans sa propre « église ». Et ce n'est pas ailleurs qu'il faut chercher la singularité chrétienne : elle repose sur un Dieu désarmé.

Trois Paroles explicitent cette révélation d'un Dieu vulnérable :

1 - lève-toi et marche: l'appel. Impossible de traverser l'Evangile sans se sentir appelé. Jésus ne s'adresse pas au seul paralytique ; il me convie, moi, il me prend où je suis, comme je suis, avec ma part de lumière et ma part de ténèbres, il m'invite à réveiller la voix qui m'habite, à la reconnaître et à lui faire confiance.

Notre responsabilité est là: est-ce que moi j'appelle? Tant de gens sont enquête de sens, appellent au secours ... Il dépend de nous que nos contemporains perçoivent quelque chose de leur propre « terre promise ». Lève-toi, ce n'est pas une parole magique, c'est le combat de toute un existence pour vivre plus libre.

2 -  donne-moi à boire: la liberté. Jésus n'a pas peur. Il n'a pas peur de la Samaritaine parce qu'elle est étrangère, pas peur de la femme parce qu'elle est femme - ce que l'Eglise n'a pas encore compris - il n'a pas peur des cheveux de madeleine, des bandelettes de Lazare, des petits chiens de la Cananéenne, il n'a pas peur « d'être lui », dans ses fréquentations, son enseignement, sa pratique de la Loi. Pour caractériser cette extraordinaire liberté de pensée - car je pense que Jésus était un libre-penseur -, ses contemporains ont employé un mot aujourd'hui caricaturé et qu'il faut restaurer selon son sens originel : autorité = faire grandir. Est-ce que quelqu'un en face de vous qui a autorité fait grandir, donne de l'autonomie ... ou réduit pour maintenir son autorité ?

Jésus n'a pas peur de faire grandir et il n'est pas « le plus fort ». On peut être fragile et ne pas avoir peur. Tant qu'on n'a pas compris que la fragilité est une force et non pas une faiblesse, on ne peut pas comprendre ce que je dis là. Jésus ose approcher chacun, il ose se laisser approcher par chacun ... cette liberté de l'accueil, qui n'est pas facile, nous savons aussi l'urgence de lui donner corps si nous voulons réussir la mutation dans laquelle nous sommes engagés.

3 - Aimez-vous: la fraternité. Jésus n'a pas inventé l’Amour, il en est question dans bien d'autres religions. Ce qui est neuf : Jésus propose une fraternité au-delà du bien et du mal. Nous ne sommes pas enfermés dans la morale. Jésus ne rend jamais coupable celui qui n'aime pas. Il nous révèle le bonheur d'aimer, le malheur de ne pas aimer. Jésus nous laisse libre, mais il nous rappelle jusqu'à l'obsession que, sur terre, personne n'existe sans quelqu'un d'autre. Entrer en fraternité et faire comprendre aux hommes qu'ils sont liés par quelque chose de plus fondamental que le lien de l'espèce. La « Fraternité », c’est le fond de la révélation évangélique.

Voilà trois paroles qui m'habitent et que, me semble-t-il, le christianisme devrait remettre en lumière pour nos contemporains, dans la mutation où nous sommes engagés.

 3 – Comment traduire cela en actes ?

C'est beau de penser que la larve va devenir chrysalide et que de la chrysalide va sortir un papillon, mais je n'oublie pas le mot d'un poète suédois contemporain : Que c'est terrible pour un papillon de remorquer une péniche !

Pour entrer dans le vif de cette mutation, partons d'une enquête, faite dans mon université (2) , auprès de jeunes de 18 à 24 ans. Quatre lignes de force s'en dégagent:

 1. La méconnaissance et la mise à distance du monde du Travail, d'où des stratégies de retardement, on a peur d'y entrer trop vite.

2. L'immense besoin de relations affectives, qu'on voudrait fortes et durables, même et encore plus si on en mesure la fragilité.

3. L 'insistance sur le proche, le quotidien immédiat. « toi, dans cette situation, qu'est-ce que tu fais?»

4. Une affirmation de la responsabilité personnelle : des actes ! pas de bla-bla.

De là, les rejetés : les politiques, jugés pourris ; et les hommes d'Eglise victimes « d'un institution où ils n'ont rien à dire ». Etre pourri, c'est encore avoir une existence, mais n'avoir rien à dire ...

 Les professeurs doivent d'abord être compétents, puis passionnés et communicatifs, enfin accepter les contacts personnels dans une relation de distance-proximité.

Nous sommes bien dans une société de « l'imaginal ». Muer c'est faire changer les images et, beaucoup plus que les images, faire changer la réalité, pour accueillir joyeusement le millénaire qui vient.

Je vois quatre lieux, quatre rencontres à travers lesquelles tenter de réussir cette mutation ; en d'autres termes, je vous invite à faire large place à la pluralité, à la beauté, à la solidarité et à la féminité.

1 - Rencontrer « le laïque » qui est en nous et qui est hors de nous, car la laïcité a un double sens philosophique et politique.

Des responsables d'Eglise prennent encore trop souvent la parole en public comme s'ils étaient entre eux. L'Eglise a à donner un point de vue parmi d'autres, comme participants d'un débat pluraliste, un point de vue. L'espace public est celui de tous, aucune conviction n'a à mobiliser l'espace public. (3)

Je fais partie de ceux qui pensent que la laïcité m'a amené, et positivement, à repenser et renouveler joyeusement ma foi. Tant que nous ne sortons pas de ces clivages où nous pensons qu'il y a conflit entre la laïcité au sens philosophique et une croyance religieuse, nous aurons de la peine à construire un avenir commun.

Ainsi sur les grandes questions éthiques: sur le clonage, aucune conviction ne pourra s'en sortir seule, la solidarité sera nécessaire par exemple pour faire face aux maffias du clonage avides de ce marché juteux.

Sur ce chemin de la rencontre de la laïcité qui est en nous et en dehors de nous, un grand sujet, l'amour. Il y a bien des manières d'aimer. Nous, les chrétiens pouvons-nous, sincèrement, apprendre à aimer l'amour que nous n'avons pas béni, le contempler, applaudir le plaisir, nous émerveiller de la passion et le dire publiquement dans une société pluraliste ? La relation au monde laïque en sera moins tendue.

Sur la spiritualité, peut-on croire en son Dieu aujourd'hui, comme si celui des autres et l'athéisme n'existaient pas ? Que chaque conviction rejoigne « son noyau de feu » (Olivier Clément)!

Sous le feu du Bouddhisme, j'entends aujourd'hui la maîtrise, la paix, la compassion. Mais le Bouddhiste saura-t-il ne pas s'enfermer dans le soi et accueillir l'altérité ?

Sous le feu du Judaïsme, j'entends l'espérance, la tension vers l'inaccompli. Mais le Juif saura-t-il ne pas s'enfermer dans la Loi et accueillir le prophétisme?

Sous le feu du Christianisme, j'entends la liberté, la fragilité, le service du prochain. Mais le Chrétien sera-t-il capable de ne pas s'enfermer dans la vérité et d'accueillir la pluralité ? 

Sous le feu de l'Islam, j'entends le sens quasi inné de la transcendance. Mais le Musulman saura-t-il ne pas s'enfermer dans le Livre et accueillir l'incertitude ?

Sous le feu de la Laïcité, j'entends la qualité de l'instant, l'éloge de l'autonomie. Mais le Laïque saura-t-il ne pas s'enfermer dans la raison et accueillir la conviction ?

Premier lieu de passage: rencontrer la laïcité qui est en dehors de nous mais qui est aussi en nous.

 2 - Rencontrer « le poète » : c'est-à-dire le Beau, tout ce qui donne de la joie !

Il y a une relation fondamentale entre la parole poétique et la parole évangélique. Or, écrivait Sulivan: « les prêtres, dès qu'ils parlent de Dieu, me font penser à des gens qui jouent du piano avec un seul doigt! ». Assassin et terriblement vrai ! Je suis en train de vous demander si nous n'avons pas intérêt à aller nous perdre au pays de la littérature, du cinéma, au pays des « chiens divers et amours écrasées ». Sur les chemins de Palestine , combien en a-t-il rencontré, Jésus, de ces amours écrasées, combien en a-t-il croisé d'amour secrètes ! Ces bribes de quotidien, il les pénétrait de son regard particulier et il nous les rendait éclairées d'un jour tout nouveau à travers des histoires dont il avait le secret et que nous nous racontons encore aujourd'hui : un homme avait deux fils ... un homme descendait de Jérusalem à Jéricho ... L'actualité de notre temps est pleine de ces hommes-là, de ces femmes-là, de ces petits faits dont nous pouvons faire les paraboles de l'aujourd'hui de Dieu.

 Au cours de la Semaine Sainte dans mon prieuré, je tiens à avoir la présence d'un grand créateur de l'art contemporain, pour être en résonance avec la liturgie. Quand je vous invite à rencontrer le poète, qui est en dehors de vous, mais aussi qui est en vous, c'est une manière d'être que je vise, une réceptivité aux êtres et aux choses. C'est à travers l'imaginaire qu'on rejoint le plus le quotidien.

3 - Rencontrer « le laissé pour compte » : le sans-papiers, le sans-emploi, le sans-liberté, le sans-affection ... il change de visage à chacune de nos rencontres.

Ne pas oublier la dimension économique, le lien social ... Si la Parole d'Evangile, cette formidable parole poétique dont nous nous réclamons ne change pas le monde, ne nous appelle pas à plus de solidarité, alors elle est tout à fait vaine !

Où en est notre présence réelle à la fragilité ? Où est l'Eglise dans les grands enjeux de la société ? Jusqu'où marquons-nous notre solidarité ?avec qui ? (4)

Etre là où l'homme se redresse. Cette présence comporte un prix de passage pour l'institution ecclésiale : se décentrer, s'éloigner de ses problèmes de boutique, d'organisation. Même si nous avons tous besoin d'appartenance, c'est au-delà de son clan que se joue une fraternité plus universelle.

4 - Rencontrer la femme

Un extrait d'une lettre d'une amie écrivain souligne l'absence de femmes dans le chœur de la cathédrale, où elle participe à une célébration pascale alors que la Parole proclame que ce sont des femmes qui ont découvert le tombeau ouvert ! Une enquête du Conseil mondial des Eglises (5) fait état de la grande violence faite aux femmes, violence physique, économique, politique, culturelle et aussi spirituelle. Dans l'Eglise plus profondément que l'exclusion du ministère ordonné, retenons l'exclusion du langage qui occulte systématiquement la part féminine de Dieu.

Cela vaut aussi pour la société publique qui si elle donnait réellement, symboliquement, une place plus grande à la femme, permettrait une société plus accueillante et équilibrée.

Et encore une fois, je parle aussi de la place de la femme qui est en nous, hommes.

Quelle chance d’être aujourd’hui les témoins d’un passage! Je vous invite à un accueil de notre identité, de notre spiritualité, de notre gravité.

Identité: qui es-tu ? Je suis la voix ... Qu'aujourd'hui on reconnaisse chacun d'entre nous à sa propre voix ; que notre Eglise, qui a un trésor dans son vase d'argile, retrouve une parole qui sonne juste. Se construire une identité chantante.

Spirîtualité: « ne parle pas trop. Quand on a reçu le vent, cela se voit sur le visage » (Lucien Guissard). Dans l'Eglise il y a une déchirure sur le sens de témoigner: prononcer fortement une parole forte, ou, prononcer doucement une parole forte ? Je vous invite à une spiritualité de la « muétude ».

Gravité: Que l'on accueille la gravité ! Notre destin, c'est l'histoire du monde. Nous sommes faits pour offrir à Dieu l’œuvre de libération de nos frères ... Comme Jésus-Christ est jeune, comme il est neuf ! Tout commence seulement peut-être. (Guy-Marie Riobé).

 Notes

1 -  Source: document conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.

2 -  Louvain

3 - « Que de fois je me trouve dans un débat télévisé où on m'appelle pour parler de la mort de l'au-delà ou que sais-je encore - après je reçois quelques lettres de protestation me disant: vous n'avez pas parlé de résurrection, de ceci, de cela ; vous êtes prêtre pour aller dire cela! C'est à mes yeux mépriser l'espace public. Que veut dire la laïcité au sens politique? Que l'espace public est celui de tous et qu'aucune philosophie, aucune religion ne peut prétendre, au nom de sa conviction, mobiliser l'espace public que nous sommes toutes et tous des laïques. La laïcité au sens philosophique, cela consiste à reconnaître comme fondamental dans son existence non seulement la tolérance, mais la liberté de penser, le libre-examen, choses indispensables, y compris pour un croyant.

4 - Je trouve tout à fait remarquable la position que beaucoup de communautés chrétiennes, en Belgique, en France, ont prise à l'égard des sans-papiers; il s'est passé là des choses concrètement et symboliquement essentielles. 

5 -  Il représente les Eglises chrétiennes moins l'Eglise catholique.

Voir également sur le site de Parole en liberté, quelques questions réponses échangées avec Gabriel Ringlet à la suite de cette conférence

Merci à nos amis de Parole en liberté d'Indre et Loire, pour avoir organisé cette rencontre avec Gabriel Ringlet et nous avoir autorisé à publier ce compte rendu.

Bibliographie:

L'évangile d'un libre penseur. Dieu serait-il laïque? Albin Michel. Gabriel Ringlet. 1998. 244 pages. 

Extrait: "Comme de proches parents trop longtemps séparés, Évangile et libre pensée me paraissent devoir se rejoindre, au-delà d’une douloureuse histoire qui s’acharne à les dresser l’un contre l’autre."  

Autre présentation dans cet article: Quel Evangile pour demain?

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