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Croyants en liberté Sarthe |
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IVG, peut-on en parler sereinement? Le projet de loi portant de 10 à 12 semaines le délai légal pour l'Interruption Volontaire de Grossesse, préparé en Septembre - Octobre 2000, ravive un débat polémique ancien sur le principe même de l'avortement. Avec des oppositions très vives bien connues. Mais il suscite également un débat, qui n'est pas moins important, sur les conditions morales et matérielles dans lesquelles sont accueillies les femmes qui souhaitent avorter. Il ne suffit pas en effet de dire que l'IVG est légale si les conditions concrètes de l'exercice de ce droit sont déplorables. Sans prétendre ni à l'exhaustivité, ni à la neutralité, nous vous proposons donc une sélection d'articles que nous vous invitons à lire en texte intégral en activant les liens, car sur ce sujet délicat, où toutes les phrases et les mots comptent, toute citation tronquée peut conduire à un contresens sur la pensée de leur auteur. Attention. Suite à la refonte du site du journal Le Monde, la plupart des articles antérieurs au 31/12/2000 ont été versés dans les archives payantes du journal et ne sont plus directement accessibles. Une analyse de la situation en France Le rapport du professeur Israël Nisand de février 1999, réalisé à la demande de Martine Aubry et de Bernard Kouchner: L'IVG en France, propositions pour diminuer les difficultés que rencontrent les femmes. Dans la presse - L'IVG est devenu un droit (Le Monde du 7 avril 2001). Avec 210 000 avortements annuels (sur 720 000 naissances), la France se place dans la moyenne européenne. Mais, près de vingt-cinq ans après la loi légalisant le recours à l'avortement, le 17 janvier 1975, "les femmes rencontrent encore des difficultés dans l'exercice de cette liberté", regrettait le professeur Israël Nisand, dans un rapport rendu public en mars 1999. Pour les femmes en situation de précarité, l'IVG relève souvent du parcours du combattant. - Dans une clinique des Pays Bas, la détresse des françaises hors délais. (Le Monde du 5 octobre 2000). - IVG: un dossier éthique à rouvrir, par Elisabeth G.Sledziewski, maîtresse de conférences de science politique à la faculté de droit et de science politique de Rennes. (Le Monde du 6 octobre 2000). Le projet ministériel de porter de dix à douze semaines le délai légal de l'IVG relancera-t-il en France le débat sur le droit d'avorter ? C'est souhaitable. Même si les données très techniques du problème paraissent en réserver la compétence aux spécialistes, sa dimension éthique devrait interpeller tous ceux pour qui la destruction sans motif thérapeutique d'un foetus de plus de deux mois ne peut être assimilée à un acte de légitime maîtrise de la fécondité. Encore faut-il qu'ils se manifestent et ne laissent pas le soin de plaider la cause de l'humanisme à des extrémistes mal placés pour cela. Et d'autant plus nocifs qu'ils favorisent les confusions. Ce qui n'est du reste pas pour déplaire aux défenseurs de la liberté d'avorter, qui trouvent là un commode épouvantail. Car pour ceux qui affirment que toute femme a le droit, à n'importe quel stade, d'interrompre sa grossesse, il est rassurant de n'être efficacement contrés que par des adeptes de l'action de commando. ... - Les réticences de deux gynécoloques féministes de St Dizier. ( Le Monde du 5 octobre 2000). "D'accord pour un allongement des délais d'IVG, mais alors avec un effort massif d'éducation, dès la maternelle, comme aux Pays Bas, pour que ce droit soit le moins possible utilisé" (...) pour aucune des deux gynécologues, un avortement à 12 semaines de grossesse n'est aisément envisageable. "Quinze centimètres de la tête aux pieds... C'est un petit d'homme avec des doigts, des yeux, un sexe, explique le docteur Dupont." - L'allongement du délai de l'IVG doit permettre de résoudre des cas douloureux. (Le Monde du 5 octobre 2000). Alors que le projet de loi réformant les textes sur l'avortement et sur la contraception est examiné, mercredi 4 octobre, en conseil des ministres, une étude de l'INSERM souligne les difficultés d'accès aux soins des femmes confrontées à une grossesse non désirée. - L'IVG à douze semaines: loi libérale et exigence morale, par Monique Canto-Sperber, philosophe, directrice de recherche au CNRS (Le Monde du 19 décembre 2000). ...Le pari de la démocratie moderne est de considérer que les capacités de raisonnement et d'évaluation des citoyens se développent lorsqu'on leur donne l'occasion de s'exercer et qu'une assez grande diversité de points de vue est garantie. C'est un des idéaux de la gauche libérale et, si on y souscrit, on peut à la fois être favorable à la libéralisation de la loi actuelle et rappeler que cette libéralisation, loin de rendre l'avortement plus légitime, permettra de formuler et d'analyser plus sereinement, et donc plus justement, les problèmes moraux posés par l'avortement. Prises de position des Eglises et débats en leur sein - Respecter la vie humaine en ses commencements. Une déclaration du Conseil permanent de la conférence des évêques de Franc (11 octobre 2000). Après 25 ans d’application de la loi de 1975, en effet, on compte 200 000 avortements annuels pour près de 720 000 naissances. On pourrait s’attendre à ce que la considération de tels chiffres entraîne un examen critique de la législation adoptée, de ses implications et de ses conséquences, en particulier dans la vie, le coeur, le corps des femmes qui ont subi l’avortement. Au lieu de cela, les dispositions projetées ressemblent à une fuite en avant, qui non seulement écartent les objections graves des praticiens mais ancre un peu plus dans les mentalités l’idée d’un droit à l’avortement. L’allongement du délai légal risque d’entraîner une plus longue soumission d’un certain nombre de femmes à la pression d’un entourage qui veut qu’elles avortent. ... Une lettre ouverte aux évêques, d'un chrétien engagé, assistant social de son métier et pratiquant l'accueil des femmes désirant avorter, en réaction à ce texte: En date du 11 octobre 2000, vous diffusez une déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France à propos du projet de loi relatif à l'interruption volontaire de grossesse. Si je vous laisse bien évidemment le droit à intervenir quant à cette question, car les principes fondamentaux de notre démocratie vous le permettent, je manifeste cependant mon désaccord quant à votre positionnement et ma déception quant à la teneur culpabilisante de votre écrit. (...) Vous semblez oublier que la législation réglemente parfaitement le temps de réflexion et le soutien dans celle-ci et qu'elle prévoit notamment d'éclairer l'intéressée (ou les intéressés car des couples se présentent également) sur les moyens nécessaires pour résoudre les problèmes sociaux posés, en vue, notamment, de lui permettre de garder son enfant. De même, les entretiens médicaux et sociaux sont également des lieux d'écoute, de liberté et de place offerte quant à la présence ou l'évocation du père, qu'il soit aimé ou haï. Le vrai débat c'est celui de la reconnaissance réelle de la détresse de bon nombre de femmes, de couple et votre déclaration ne vient guère les consoler ! (...) Je refuse de penser que "les chrétiens ne devraient que défendre l'affirmation intransigeante de la loi - celle qui prétend que tout avortement est un meurtre - sans se soucier de respecter d'abord le droit et le devoir de chacune de se décider en conscience". Jérôme Huet, 18 octobre 2000 - L'avortement ne doit pas être banalisé. Un point de vue de Jean-Arnold de Clermont, pasteur, président de la Fédération protestante de France. (Le Monde du 14 octobre 2000). (...) Mais, avant toute chose, il me faut redire ce qui fait le fond de notre réflexion. Dans la perspective biblique, la vie est don de Dieu, bénédiction pour l'être humain, non pas fatalité pour l'espèce. C'est pourquoi nous croyons que, dans certains cas, il y a plus de courage et d'amour à prendre la responsabilité d'un avortement qu'à laisser venir au monde des vies qui seraient soit menaçantes pour la santé physique et psychique de la mère, soit menacées dans leur propre viabilité future, tant dans leur santé, ce qui ne pose guère de questions, que dans l'accueil affectif qui leur est dû. Aussi, en nous exprimant sur ce sujet difficile, nous sommes toujours inspirés par la volonté de donner un signe de libération, d'espérance et d'amour dans des situations de détresse. (...) Toutefois, l'avortement est et doit rester « un acte grave, qui touche à la vie, acte qu'il ne saurait être question de banaliser et de justifier dans son principe ». Il ne peut être réduit à des considérations techniques. Il appelle une formation toujours accrue à « la responsabilité en matière sexuelle », et plus encore « des mesures d'accompagnement de la femme enceinte en difficulté, dans les choix auxquels elle est confrontée ». Ce que nous écrivions en 1996, dans un communiqué de presse, à l'occasion du jugement d'un commando anti IVG au Mans, dans la Sarthe Février 1996. La loi Veil a constitué une évolution indispensable. Elle a permis de mettre fin aux avortements clandestins. Elle a été votée démocratiquement. Nous l'approuvons et nous condamnons les actions violentes et les pressions psychologiques visant à rendre son application difficile ou impossible. Si l'avortement ne peut pas être un procédé ordinaire de planning familial, les contradictions de l'Eglise catholique restent incompréhensibles : refus de la contraception d'un côté, condamnation sans nuance de l'avortement de l'autre. Quand la contraception a échoué, quand une grossesse est matériellement, médicalement ou moralement une épreuve insupportable pour une femme ou pour un couple, c'est alors une affaire de conscience personnelle. Qui peut oser juger d'une telle décision? Nous regrettons que notre Eglise ait seulement un discours de condamnation sans appel sur l'avortement et que la récente encyclique "L'Evangile de la Vie" de Jean Paul II (1995) ne comporte pratiquement aucun mot de compréhension pour les femmes et les couples qui ont du recourir à l'IVG. Elle cultive malheureusement leur culpabilité et ignore la complexité des situations. Publié dans Ouest France. Voir également nos pages sur: - 1999. Fermeture des centres de planning familial catholiques en Allemagne sur la pression de Rome. L'Eglise catholique allemande face à l'avortement. La loi ou l'Evangile? - 1997 - 1998. Contraception. Les 30 ans de la loi Neuwirth et d' Humanae Vitae. - 1995. La morale selon Jean-Paul II. Mise à jour du vendredi 16 décembre 2005 |
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