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Croyants en liberté Sarthe |
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1998 : Débat sur le Pacte Civil de Solidarité Dans l'église catholique comme dans les églises protestantes, il y a débat sur le PACS et pas unanimité. Difficile débat que celui à propos du PACS ! Les évêques ont très vite voulu trancher la question pour le compte de l’église catholique par un communiqué ayant le mérite de la clarté et la raideur du couperet. Mais le débat, impossible à empêcher dans une église immergée dans une société démocratique, a inévitablement eu lieu dans la presse, et notamment dans la presse chrétienne. Et par chance nous avons en France une presse chrétienne et catholique de qualité et riche d’une grande diversité. L’église catholique est tous les jours confrontée à l’évolution des mœurs et des pratiques familiales. Deux exemples même si cela ne concerne pas directement le PACS. L’immense majorité des mariages célébrés à l’église concerne des couples qui ont mené, en dépit des règles contraires de l’église catholique, une étape plus ou moins longue de vie commune préalable. Un grand nombre de baptêmes concernent des enfants dont les parents ne sont pas mariés, et des catéchumènes adultes vivant eux mêmes en couple sans être mariés non plus. L’église doit donc prendre garde, dans sa façon de s’exprimer, de ne pas apparaître comme celle qui condamne et qui juge durement, au risque de compromettre l’accueil que ses communautés de base essaient de pratiquer au quotidien. La question de l'homosexualité Reste la question de l’homosexualité. Question difficile, pour les individus, comme pour les sociétés et les Eglises ou traditions religieuses. Ne nous voilons pas la face. Même acceptée intellectuellement de façon libérale, l’homosexualité nous heurte généralement profondément, d’abord en raison même de l’hétérosexualité de la majorité d’entre nous, et ceci bien avant toute autre considération religieuse ou philosophique. L’homosexualité constitue cependant une réalité objective, pour des personnes comme pour la société, avec laquelle il faut bien vivre. Des chrétiens aussi, clercs comme laïcs, sont homosexuels. Le débat dans la presse chrétienne Dans l’église catholique comme dans les églises protestantes, il y a donc débat et même opinions contradictoires, et pas unanimisme à propos du PACS. Le lecture de la presse chrétienne en est le reflet. Qu’il s’agisse de La Croix, Témoignage Chrétien, Réforme, La Vie, des opinions diverses ont été publiées dans chacun de ces journaux. Les opinions sur le PACS ne recoupent d’ailleurs pas toujours les clivages habituels. Des chrétiens progressistes sont contre. Des chrétiens modérés sont pour. L’opposition des associations familiales protestantes au PACS est aussi virulente que celle des associations familiales catholiques et celle des églises évangéliques tout aussi radicale que celle des évêques. Alors que chez certains réformés on rencontre des avis plutôt favorables au PACS comme chez certains catholiques. Particulièrement intéressant a été le débat dans l’hebdomadaire La Vie. Hebdomadaire catholique modéré mais ouvert, La Vie titrait en octobre (n° 2770 du 1er octobre 1998) "A qui profite le PACS" avec un éditorial de Dominique Gerbaud, plutôt favorable à cette évolution législative, et une critique de la précipitation des évêques à fermer le débat dans l'église catholique. Cette liberté de ton a entraîné une polémique avec l'épiscopat qui a exprimé sa surprise et sa désapprobation à l'encontre de La Vie. Dans l'éditorial de La Vie du n° du 5 Novembre 1998, Jean-Claude Petit plaidait pour le "droit au désaccord" et revendiquait légitimement son indépendance par rapport à la hiérarchie catholique: " la presse catholique, dont La Vie est l'une des voix, n'est pas la presse du parti"... l'Eglise ne saurait être "une secte, où la variété des traditions et des cultures constituerait une hérésie et le peuple chrétien une troupe qui marche au pas ". Concernant Croyants en liberté Sarthe Nous n’avons pas pris de position définitive sur la question, respectant la diversité des opinions de nos membres sur le sujet. Dans notre association, les avis sont en effet partagés sur la question du PACS. Certains y sont très ou plutôt favorables. D'autres plus réservés ou hostiles. Nous plaidons seulement pour le droit au débat. Beaucoup d’entre nous considèrent ce débat mal conduit, mélangeant de façon confuse la vraie question des couples homosexuels aujourd'hui condamnés à la précarité et à une forme de clandestinité sociale, et celle des concubins hétérosexuels, voire des fratries. Mais l’homophobie militante et l’esprit de croisade de certains militants anti PACS du style Christine Boutin, nous sont totalement étrangers. Et nous n'avons rien à voir avec la manifestation du 31 janvier 1999 rassemblant les associations familiales, les courants catholiques traditionalistes et intégristes, les députés de droite et les responsables du Front National. Nous regrettons enfin que le débat politique soit enfermé dans une confrontation partisane politicienne classique et qu'il n'ait pas été précédé d'un débat élargi (dans la société comme dans l’Eglise) auquel auraient pu prendre part les différents courants spirituels et philosophiques de notre société, comme cela a été fait par le passé par exemple sur la question du code de la nationalité. Divers points de vue chrétiens Nous publions ci dessous deux points de vue originaux favorables au PACS et renvoyons à d'autres prises de position accessibles sur Internet: celui de nos amis de Eglise en
dialogue et David et Jonathan du 44 celui du nouveau réseau
Parvis celui de plusieurs pasteurs
réformés favorables au PACS celui des évêques
de France celui de la fédération protestante de France Lettre de " Eglise en dialogue 44 " et " David et Jonathan " de Nantes Chrétiens et catholiques, hétéros et homosexuels, nous sommes attristés de voir combien l’homophobie s’acharne encore à laisser entendre que l’homosexualité représente un danger pour notre société. Vieille peur de l’autre différent ! Le débat sur le PACS permettra sans doute à notre société d’ouvrir les yeux sur ceux d’entre nous, qui, n’ayant pas choisi leurs sexualité pourraient du moins choisir leur type de vie et être reconnus capables d’exister y compris en communauté de vie. Ceux qui brandissent le spectre du " mariage bis " et d’une " paternité irresponsable " ont-ils vraiment écouté d’autre voix que les discours apocalyptiques de certains ultras ? Un pacte qui liera deux personnes homosexuelles et hétérosexuelles par droits et devoirs viendra assurément cimenter leurs liens affectifs, et parce que reconnus publiquement et socialement, encourager à la responsabilité, à la stabilité et à la fidélité. Dire qu’on entend " accueillir avec respect, compassion et délicatesse " les personnes homosexuelles ne suffit plus ! L’évangile attend de nous que nous mettions en pratique nos bonnes intentions ; il attend de nous que nous fassions reculer l’injustice et la discrimination ! Nous voulons aussi souligner que le PACS n’intéresse pas seulement les citoyens (nes) homosexuels (les). Nous connaissons des hétérosexuels, célibataires, veufs, hommes ou femmes qui ne veulent o ne peuvent se marier. Dispersés par les nécessités du travail (un tiers de la population !), ils vivent souvent négativement leur solitude, en tout cas lus difficilement que par le passé dans une société fortement marquée par l’individualisme. Or notre société n’a pas encore donné à cette évolution reconnaissance et appui. C’est pourquoi nous soutenons avec Roseline Bachelot, député RPR du Maine et Loire, que la " création de ce pacte répond aux demandes légitimes d’un certain nombre de gens ". En effet, ils trouveraient dans le PACS : - la reconnaissance sociale et publique d’un état de vie qui silencieusement existe depuis deux ou trois décennies. - la sécurité que propose un pacte avec se droits et ses devoirs. - la consolidation des liens affectifs qui soudent naturellement ces petites communautés de vie. Le PACS nous paraît donc être une chance pour ceux là. Nous voulons encore dénoncer les réflexes de peur des détracteurs du PACS sous prétexte que celui-ci tuerait le mariage et la famille. Ceux qui affirment que le seul contrat de communauté de vie est le mariage mesurent-ils à quel point ils enferment les hommes et les femmes dans une institution hors de laquelle toute existence serait anormale et tronquée ? Bien entendu, la communauté de vie qu’est la famille dans sa libre conjugalité et paternité en tant qu’elle reste un choix responsable motivé par l’amour, le plaisir et une volonté commune de procréer, demeure infiniment respectable. Mais la famille ne peut que gagner à ce qu’il y ait d’autres possibles. Sinon, elle devient obligation, normalité, passage obligé ! Le mariage ne peut être que valorisé s’il sort du tout ou rien dans lequel nous l’enfermons. Notre époque n’est elle pas conviée à nous reconnaître différents, complémentaires, invités à la solidarité plutôt qu’à l’exclusion ? Alors cette " fonction symbolique " du différent jouerait dans notre communauté nationale, comme ferment de paix et d’union. C’est pourquoi, nous sommes heureux de voir " s’inscrire dans la loi les évolutions que notre société a connues cers dernières années " (Patrick Bloche, député de Paris, coauteur et rapporteur de la loi) ". En conclusion, nous nous réjouissons que nos parlementaires - conscients des conditions injustes dont souffrent de nombreux non mariés - aient assez de courage , de réalisme et d’ouverture d’esprit pour promouvoir une société plus respectueuse d’égalité et donc de fraternité. Communiqué du réseau Parvis Chrétiens conscients des bouleversements qui traversent nos sociétés, nous refusons les discours alarmistes émis en notre nom sur le Pacte Civil de Solidarité et nous apportons notre soutien a une loi fournissant a deux citoyen-ne-s des moyens juridiques simples pour aménager leur union. N'ayons donc pas peur de sortir des schémas confortables et idéalisés sur la famille, qui n'est plus la seule cellule de base de la société. N'ayons donc pas peur de regarder la réalité en face : le mariage ne répond plus aux attentes d'une partie de la population. La fin de son monopole ne signifie pas sa disparition, mais la société se doit de reconnaître d'autres modalités de vie en couple. N'ayons pas peur d'inventer de nouvelles formes de vie commune, basées sur le partenariat et la solidarité, afin de mieux combattre la solitude et un individualisme destructeurs. N'ayons pas peur de reconnaître le lien unissant les personnes homosexuelles, et encourageons-les à s'inscrire dans une démarche de fidélité responsable. Enfin n'ayons pas peur qu'un débat démocratique sur la question ait lieu dans nos Eglises comme dans la société." Signatures : AFERT (Association de Femmes Européennes pour la Recherche Théologique), CEDEC (Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l'Ecole Confessionnelle), Chrétiens sans Frontières Val d'Oise, David et Jonathan, D.L.E. (Droits et Libertés dans les Eglises), Equipe Nationale Jonas, Evreux sans Frontières, F.H.E. (Femmes et Hommes en Eglise), N.S.A.E. (Nous Sommes Aussi l'Eglise), Plein Jour. Précision. Croyants en liberté Sarthe, bien que soutenant activement la création de ce nouveau réseau "Parvis", n'est pas signataire de ce texte, du fait de la diversité des points de vue dans notre association qui se veut avant tout un lieu de libre débat où les points de vue différents sont légitimes. En Septembre 200, un article du Monde tente de dresser un premier bilan: En moins d'une année, le PACS est entré dans les mœurs. |
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