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Croyants en liberté Sarthe |
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Religions danger, mais religions langue maternelles du sens Pour la 9ème année consécutive, Croyants en liberté était présent aux 24 heures du livre, les 9 et 10 octobre 2004. Cette année sur le thème de l'inter religieux, vu non comme une amicale des religions menacées par la sécularisation, mais comme un échange entre croyants en liberté de toutes religions et confessions, à la fois fidèles et critiques vis à vis de leurs propres traditions, et ouverts aux échanges avec les non croyants et humanistes agnostiques ou athées avec qui nous partageons la vie de tous les jours et les mêmes engagements dans la Cité. La question de la responsabilité des religions dans les guerres et violences de l’actualité est une question sur laquelle nous sommes constamment interpellés par nos contemporains. Comment répondre ? · Reconnaître les faits : Oui, les religions sont dangereuses, oui elles attisent trop souvent les guerres au lieu de réconcilier, oui elles présentent trop souvent le visage du fondamentalisme ou de l'intégrisme. L’actualité en Israël - Palestine, en Irak, aux USA avec le fondamentalisme protestant de GW Bush, en Bosnie, au Kosovo, au Cachemire, en Afghanistan, en Russie et Tchétchènie, en Algérie, en Irlande Nord, et la montée en France des racismes antisémites ou anti musulmans, nous montre trop bien tout cela. Pas plus qu’au XVIème siècle, il ne s’agit de pures « guerres de religion », mais ce sont aussi des guerres de religion. « Toute religion porte en elle une propension à l'intolérance. Parce qu'elle vise la recherche d'un Absolu, elle est toujours en danger d'absolutiser ses propres convictions. » (Gérard Delteil, dans "Dieu serait-il laïque?" hors série de Parvis n° 3, 1er semestre 2000) Les religions n’ont cependant pas le monopole des fanatismes, des intégrismes, et de la violence, et les plus grandes tragédies du XXème siècle, Nazisme et Stalinisme, ont été le fait d’idéologies athées. Entre Khmers rouges et Talibans, l’horreur est la même. Mais les religions sont aussi les langues maternelles du sens. Si elles peuvent être « opium du peuple », elles mettent aussi en route et debout les hommes et les femmes. Si elles se montrent parfois culpabilisantes, elles libèrent aussi des peurs et des angoisses, et elles aident à vivre au quotidien les bons moments comme les épreuves de la vie. Elles sont enfin intimement liées à l’histoire et à la culture de nos sociétés. Si la laïcité est un sage principe de précaution et constitue un immense progrès dans la voie de l’universalisme et du vivre ensemble, refouler le religieux sous prétexte de sa dangerosité est le pire des remèdes et aboutit à l’effet inverse : l’inculture religieuse, l’enfermement identitaire. Au risque d’une laïcité creuse, ne faut-il pas préférer celui d’une laïcité ouverte au débat et aux différences ? Croyants ou pas, il nous faut vivre avec le fait religieux. · Fidélité et esprit critique. Quand nous approfondissons nos différentes traditions, en sachant distinguer l'éternel et ce qui est au cœur de leurs messages, de l'accessoire et du contingent culturel dans un lieu et un moment donné de l'histoire, nous pouvons nous retrouver sur l'essentiel. C’est un peu ce que dit Jésus à la Samaritaine, (Jean. Chapitre 4, 21, et 23) : « L'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne (au mont Garizim, lieu sacré des samaritains) ni à Jérusalem (lieu sacré pour les juifs) que vous adorerez le Père. L’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. » La foi s’exprime nécessairement dans des rites, se formule en partie dans des dogmes, et se pratique collectivement dans des Eglises ou communautés avec leurs règles de fonctionnement qui viennent de loin, toutes choses légitimes, mais relatives, et qui doivent évoluer, être reformulés, se réformer, pour ne pas dépérir et transformer les religions en « langues mortes » incompréhensibles à nos contemporains N’est ce pas ce qu’exprime Saint Paul quand il considère que la circoncision ou les interdits alimentaires sont des questions secondaires qu’il ne faut pas imposer aux chrétiens d’origine non juive, et quand il affirme « En Christ, il n’y a plus ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme » (Gal, 3, 28). Ou encore quand il conclue son « hymne à la charité » (1Co, 13) ainsi : « Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, la charité; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité », intuition que l’on pourrait reformuler de la façon suivante : « Les Eglises peuvent s’effondrer, la religion disparaître, la science atteindre ses limites, rien n’est grave. Sauf perdre l’amour ». Sur le même sujet - Faut-il neutraliser les religions ou aller au delà de la tolérance? par André Gounelle, sur le site protestant libéral Profils de liberté : - Dieu serait-il laïque ? par Gérard Delteil, in hors séries de la revue Parvis consacré à la laïcité
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